Après Vanina Delobelle, c'est au tour de Stephanie Booth de répondre à quelques questions de doppelganger. Stephanie , organisatrice du récent "going solo" , conférence destinée aux "freelancers", et pour qui la présence numérique est devenue essentielle à son activité professionnelle. On peut la lire régulièrement sur son blog, "climb to the stars".Deux questionnaires doppelganger sont désormais en ligne : le premier pour les recruteurs qui utilisent internet, le second pour les internautes .
Qui êtes vous Stephanie Booth?
Lausannoise. Anglo-Suisse. Judoka. Citoyenne du net. Extravertie. Intello. Cinéphile.Trentenaire. Musicale. Sociable. Online. MacBook. Chat (miaou). Manger. Parler. Rire. Comprendre. Echanger.
J'ai certainement oublié quelque chose, mais c'est déjà un point de départ, non?
Quel regard portez-vous sur votre présence sur le web ?
On me demande parfois combien de temps par jour je passe sur internet, mais c'est une question à laquelle il m'est impossible de répondre depuis bien longtemps.
Non pas que je ne compte pas mon temps "connectée", mais parce que mes activités en ligne et hors ligne ne sont pas clairement distinctes. Je tape ces mots, et je regarde en même temps la télévision.
Suis-je en ligne? Je me promène en ville et communique par SMS ou Twitter avec mes amis "en ligne" est-ce que ça compte? Le monde numérique est simplement un canal de communication ou un espace de vie, et certaines relations ou activités y font plus ou moins appel.
Ma présence sur le web a fini par faire de moi une personnalité semi-publique. Il y a des gens qui me connaissent et me lisent depuis des années et dont j'ignore l'existence. C'est étrange au départ et pas forcément facile à gérer, mais je m'y suis faite. Je crois avoir une certaine influence et être respectée dans les communautés où j'évolue, et c'est quelque chose que j'apprécie sans que cela me monte à la tête (j'espère!).
Etre en ligne me permet de rencontrer et d'être en contact avec des gens dont je n'aurais jamais eu l'occasion de croiser le chemin. Cela m'a donné des opportunités aussi bien professionnelles que personnelles que je n'aurais jamais pu imaginer. J'ai des amis dans toutes les grandes villes où je suis susceptible de voyager, je connais des personnes qui ont des millions et d'autres qui n'ont rien du tout. Ma présence sur le web a ouvert pour moi des fenêtres sur d'autres cultures et d'autres milieux sociaux, ce que je trouve très enrichissant.
Les outils de communication d'internet me permettent de rester en contact avec de nombreuses personnes de mon entourage social qui sont éloignées géographiquement.
Mais je radote, il va falloir que je passe à la question suivante...
Comment gérez-vous votre identité numérique ?
En ligne aussi, c'est une certaine facette de nous qui est mise en avant, mais elle n'est pas moins "moi" que dans ma vie de tous les jours.
D'un point de vue technique, je me réjouis de l'arrivée de systèmes centralisés comme OpenID ou FriendFeed qui permettent de rassembler un peu les différentes expressions de nous-même en ligne. Je souffre de la fragmentation de mon identité numérique. Je suis quelqu'un qui recherche l'intégration, la cohérence -- tout en ayant conscience que l'être humain n'est pas 100% cohérent, et qu'il ne faut donc pas pousser cette recherche à l'extrême.
Quelle place accordez-vous à votre réputation numérique ?
Ce à quoi je prête attention, pour ce qui est de ma réputation numérique, sont les choses suivantes:
- j'ai la même éthique en ligne et hors ligne
- je prends garde de ne pas publier ou divulguer en ligne des informations que je ne suis pas prête à voir devenir publiques
- je tente de faciliter l'accès au matériel à mon sujet disponible en ligne (il y a encore du travail dans ce département, clairement)
Une chose à ne pas faire sur le web ?
En corolaire, ne pas oublier qu'une fois lâché dans le monde numérique, ce qu'on y met échappe à notre contrôle. Un jour où l'autre ça finira par ressortir.
Mais aussi... ne pas avoir trop peur. Le web, c'est simplement une culture un peu différente de la nôtre, mais il est peuplé d'êtres humains -- et ceux-là ne changent pas fondamentalement parce qu'ils sont derrière un clavier.
(Ça fait plutôt trois choses... oups.)
Et une à faire absolument ?
[doppelganger : çà fait aussi trois choses ;-) ]
Quelle est la part des réseaux sociaux (virtuels) dans votre activité professionnelle ?
Les blogs en sont un, très clairement, quoique peu formalisé. En ce moment, Twitter est un centre important de mon univers en ligne. Facebook, dans une moindre mesure (quoique, maintenant qu'ils ont introduit le chat...) -- et il y en a une quantité d'autres.
Le problème avec les réseaux sociaux du type Facebook, MySpace, LinkedIn est que tout le monde ne s'y trouve pas.
Cela veut dire que pour mes activités professionnelles, il me faut généralement recourir au plus petit dénominateur commun: l'e-mail.
J'ai cependant de nombreux contacts professionnels sur Facebook, LinkedIn, Twitter, Dopplr -- et ailleurs. La frontière entre vie privée et professionnelle (et les activités qui s'y rapportent) s'effiloche, donc il n'est pas toujours simple d'évaluer ce qui ressortit précisément à l'une ou l'autre. Je dirais donc que les réseaux sociaux jouent un rôle capital dans mon activité professionnelle, car celle-ci repose en grande partie sur mon réseau (à plus forte raison depuis que j'organise des conférences) et que la cohésion de celui-ci repose à son tour sur mes activités dans ces réseaux sociaux en ligne (mais pas uniquement).
Comment appréhendez vous le foisonnement toujours grandissant des services et outils proposés sur le web ?
Un dernier mot ?
Je crois avoir assez tartiné, donc merci de m'avoir lue jusqu'au bout!
Merci !
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