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jeudi 4 juin 2009

Surveiller ou guider ses employés ?

"La majorité des entreprises estime avoir le droit de savoir quelle image les salariés donnent d'eux et de leur entreprise sur les réseaux sociaux, déclare Deloitte LLP Ethic & Workplace dans une étude. Un constat loin de convenir aux salariés, surtout les plus jeunes." (L'Atelier)

Pour les entreprises, les médias sociaux peuvent constituer un pseudo-risque ; celui que leurs employés "se lâchent" sur le Web, par exemple sur Twitter, au point que cela ternisse l'image auprès du public, quel qu'il soit. Il peut aussi tout simplement s'agir d'informations à ne pas divulguer (sur un projet, etc.) ou de l'étalage de sa vie privée dans Facebook.

Dans ce contexte, ont-elles le droit, ces entreprises, de sanctionner les dires de leurs employés ? Le souci, c'est que sur le Web, le personnel et le professionnel sont dans de nombreux cas intrinsèquement liés. La frontière est floue. Du coup, sur quels critères peuvent-elles se reposer ?

Dans certaines sociétés, on a décidé de mettre en place des guidelines. Autrement dit, les employés peuvent utiliser le Web comme ils le veulent, mais en faisant attention à ce qu'ils font ou disent, soit par exemple pour ne pas altérer une relation avec un client, soit encore ne pas risquer de perdre son poste.

En fait, selon moi, tout est une question de discretion et de savoir-vivre. On peut commettre des erreurs, ça arrive, mais c'est à chacun de prendre conscience de son rôle, de sa place au sein de l'entreprise qui l'emploie et de ce que ça implique d'en parler positivement ou négativement. Côté entreprises, je pense qu'elles ne doivent pas contrôler mais guider et former leurs employés en leur expliquant les enjeux, les risques... En outre, un peu de tolérance serait la bienvenue, surtout quand on sait que les médias sociaux, dans un objectif de business, peuvent avoir du bon aussi. :)

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6 commentaires:

Mathieu Ch a dit…

Tout à fait d'accord. De toute façon, si un employé critique son entreprise, c'est à l'entreprise de se remettre en question. Si l'entreprise n'a rien à se reprocher, elle ne risque rien. C'est une chance de disposer de cette liberté d'esprit critique.

Emmanuel GADENNE a dit…

Je pense qu'il est préférable de guider ses employés.
Il faut conseiller à ses employés d'utiliser Internet avec discernement bien-sûr. Il faut encourager l'utilisation de VraiNom (Prénom + Nom), plutôt que l'utilisation d'un pseudonyme.
Je recommande que chacun puisse porter un discours positif sur ce qu'il aime et avec son vrai nom.
Le nom de l'employeur ne doit pas être rappelé de façon systématique, sauf peut-être pour certaines fonctions (directeur de la communication, CEO, DRH, etc.).
Le fait que le nom de l'entreprise puisse être retrouvé dans un profil de réseau social suffit bien souvent (ex. LinkedIn, Viadeo...).
Laissez vos employés s'exprimer sur ce qu'ils aiment et ils véhiculeront une image positive d'eux-mêmes et par rebond de l'entreprise qui les emploie. Surveiller trop ses employés peut en effet avoir un effet très négatif inattendu ! Celui de "tétaniser" les employés qui du coup ne diront rien sur leur entreprise, en pensant que seul le CEO ou la direction de la communication est légitime sur le sujet. Votre entreprise deviendra alors peu à peu invisible sur les médias sociaux...

br1o a dit…

je pense que l'entreprise doit surveiller sa réputation en ligne, pas ses salariés uniquement. Ensuite, si un salarié émet un avis négatif sur l'entreprise, dans un commentaire, je préconise qu'un représentant de l'entreprise (salarié, n+1, etc.) réponde simplement au commentaire en question.

S'il s'agit d'un tweet assassin, il reste possible pour l'entreprise de demander gentiment au salarié de supprimer le tweet, ou alors d'y répondre ;)

fbrahimi a dit…

Ah nous voilà sur un sujet particulièrement épineux.
1/ Le salarié est un Client...interne certes Client tout de même
2/ Il n y a pas de raison que la hiérarchie intervienne en tant que tel comme je l ai lu plus haut car selon le cadre normatif du contrat de travail le lieu de travail est délimité une zone géographique seulement. Autrement dit, sur un profil Web créer à l'initiative d'une personne la hiérarchie n'existe pas.
3/ Pourtant le salarié contribue à alimenter consciemment ou inconsciemment le "capital sympathie" de l'entreprise.
Pour ces motifs (rire) et surtout par vocation et conviction: l'heure est à l'apprentissage, la sensibilisation et la co-responsabilité.

br1o a dit…

@fbrahimi : je ne voulais pas dire que l'entreprise était *obligé* d'intervenir.

L'idéal étant qu'elle s'abstienne même le plus souvent possible pour conserver une saine neutralité entre le privé et le professionnel !

Dans mon commentaire précédent, je suggérais que l'entreprise reste humaine en s'adressant directement au salarié, sans pour autant que le dialogue s'établisse par voie hiérarchique. C'est vrai que la mention du n+1 était ambiguë et superflue.

Nicolas Voisin a dit…

un exemple de coopération transparente, et empirique (tout est média ;)
> 22mars.com