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jeudi 17 décembre 2009

WebWill : service qui propose de gérer ses profils après sa mort

C'est via un tweet que je suis tombé sur WebWill, un service permettant de programmer des e-mails à certains contacts, de sélectionner les réseaux sociaux sur lesquels on souhaite changer son statut, de désactiver des comptes, etc ... Voici un extrait du descriptif de WebWill :

Until now our digital identities have lived on without us, leaving our loved ones powerless to control them or wind them down. Webwill is a new service to change that, putting you in control even in the afterlife

Je trouve le concept assez excessif. Et vous qu'en pensez-vous ? Est-ce utile d'avoir des services de ce genre ?


myWebwill - in english! from Lisa Granberg on Vimeo.

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1 commentaire:

Tristan Latgé a dit…

Merci Lilian de nous avoir indiqué ce service que je trouve intéressant à bien des égards.

D’abord, je m’interroge sur un détail fonctionnel. Comment active-t-on le service ?
Que l’on puisse programmer notre activité online post mortem, soit ! Encore faut-il être physiquement et psychiquement en état de le faire (pour ma part, je n’en suis pas certain avec mon Alzeimer à venir). Cela signifie qu’il faudrait que nous anticipions suffisamment. Il faudrait que des experts le confirment, mais je ne suis pas certain que nous soyons psychologiquement en capacité de le faire.
Ensuite, il y a l’activation du service. Je pense que j’aurai autre chose à faire à l’instant de mon dernier souffle que de me connecter au service pour l’activer. Et encore, je pose ici l’hypothèse que mon décès sera naturel. Quid si je meurs soudainement ? Je ne vois qu’une solution : coucher mes codes d’accès sur mon testament (au moins, cela fera bien rire le notaire).

Blagues à part, je trouve ce service très intéressant car symbolique du web contemporain. Il est inutile de le rappeler à la communauté du Projet Doppelganger, notre présence online est désormais pérenne et nos traces sont – presque – indélébiles. Or, ces sujets d’identité numérique et de e-réputation sont, par définition, valables uniquement de notre vivant. Après notre décès, notre identité (civile) est archivée, oubliée à termes pour la plupart d’entre nous. Nous entrons pour un temps plus ou moins long dans la postérité ; un temps qui est celui de la mémoire de nos proches pour beaucoup d’entre nous, et celui de la mémoire institutionnalisée pour l’infime minorité dont les traces sont préservées au Musée ou à la Bibliothèque.
Je pense qu’entre les deux, il existe désormais une mémoire pérenne et non institutionnelle grâce au web. Avec la persistance de nos traces nous passerons de l’identité numérique à la postérité numérique.
Et je pense que ce sujet sera rapidement d’importance et que nous serons peu à souhaiter effacer nos traces sur le web après notre mort. Je pense que le fantasme d’une (vraie) postérité sera plus fort.

PS : je vous invite chaleureusement à visiter Avatar Memory (http://www.avatarsmemory.com/), un travail de Julien Levesque (http://www.julienlevesque.net/) qui avait été exposé en 2008 au Reality Festival.