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vendredi 30 avril 2010

Les réseaux sociaux professionnels nous rendraient-ils invisibles ?

Une excellente conversation a lieu sur le forum "Se Faire Recruter Autrement", avec bon nombre de questionnements sur l'utilité des réseaux sociaux et la virtualité des relations. Voici un passage:

"[...] j'aimerais que l'on m'explique sur combien de réseaux sociaux je dois laisser "trainer" mes coordonnées?"

"Car après tout, avec Viadeo, Linkedin, facebook, Twitter, Spoke, Huzz, et j'en passe ... (il ne manque plus que Meetic!!), si je rajoute mon petit blog de cuisine et mes interventions sur ce hub, aujourd'hui tout le monde connait ma petite vie, et je connais la vie de tout le monde, je trouve toujours cela très étonnant cette « virtualité » d’amis et de contacts mais pour l'instant pas de miracle après mes différentes inscriptions."

Plus de présences n'est sans doute pas la bonne réponse, mais plutôt un usage adapté comme le souligne Benjamin Bühler, co-fondateur de Huzz.com ci-dessous:

"Vos remarques sont tout à fait symptomatiques de la situation des réseaux sociaux en France aujourd'hui. Ces derniers, de plus en plus nombreux (au passage, je vous remercie de nous avoir cités !) fussent-ils personnels ou professionnels deviennent de plus en plus chronophage pour l'utilisateur qui a des vies sociale, professionnelle ou familiale et souhaite les partager avec d'autres. 

Mais il ne faut pas y consacrer plus de temps que nécessaire et se fixer des priorités. Ainsi, il faut également utiliser chacun de ces réseaux (pour peu qu'il soit opportun de figurer sur tous) dans un but particulier et ne pas leur prêter un usage qui n'est pas le leur."

Cette intervention très positive est une preuve de la volonté de participer aux discussions, d'aller vers les autres en apportant une réponse complète (une des forces de Huzz).

Cet échange prouve aussi les besoins en partage d'expérience, de pratiques et en dialogue pour ne pas avoir des personnes intéressées par les réseaux sociaux professionnels qui en font un rejet par la suite. Ensuite, bien évidemment tout le monde n'est pas obligé d'être sur les réseaux sociaux. A chacun ses priorités et ses usages.

Carole Blancot de chez Act-ON renforce également cette idée des priorités, de la gestion du temps et de l'utilisation des réseaux sociaux professionnels comme des moyens :

"Tout est affaire de priorité, de dépassement de préjugés, d'attitude adoptée et d'image laissée, de temps consacré, de volonté et de capacité à devenir acteur > comme conséquence du refus de subir.
Le(s) réseau(x) sont un moyen et non une fin. Le nombre de contacts, de fans, de lecteurs ne vaut rien si votre réseau a une mauvaise image de vous." 


Les réseaux sociaux professionnels offrent de la visibilité mais cependant, cela ne s'arrêterait pas là pour de la recherche d'emploi détection d'opportunités. La recommandabilité semble être un point plus avancé dans ce débat.

Avoir des objectifs clairs, passer du virtuel au réel et faire preuve de proactivité sont essentiels. Les réseaux sociaux professionnels ne sont pas des outils magiques mais peuvent être des leviers intéressants.

Une rencontre physique donne des élans positifs sur plusieurs points comme par exemple:

- une plus grande richesse dans la connexion (au-delà du digital)
- des informations fraîches vis-à-vis d'un secteur d'activité, d'une zone de géographique (cas de mobilité), d'une entreprise
- un feedback direct sur ses projets professionnels
- la mise en place d'un projet commun, d'une activité extra-professionnelle
- une ou plusieurs recommandations de personnes à rencontrer

Une trop grande pression sur l'obtention d'un contrat de travail peut constituer un frein. Les rencontres physiques sont plutôt là pour éclairer, orienter et faire accélérer les choses (encore mieux si la personne en face est décideuse et prête à collaborer).

Guy Kawasaki a eu une bonne partie sur l'art du schmoozing et la nécessité de se positionner en phase d'écoute et de service, et en se posant la question "Que puis-je faire pour cette personne ?":


Tout cela dépend aussi du métier que l'on souhaite exercer et des caractéristiques du marché de l'emploi sur lequel on est. Il y a des pratiques spécifiques côté recruteurs, et une concurrence plus ou moins élevée côté candidats.

De là, se démarquer est également important. Pas seulement dans le discours mais aussi dans le fond, en restant motivés pour apprendre et acquérir des compétences additionnelles, gagnantes qui feront la différence (associées à une intelligence relationnelle importante).

Les profils sont actualisables et accessibles à tous. Cela dit, le candidat ne devrait pas être figé, statique, dans l'attente de. Le dernier article sur l'importance d'avoir un blog ou pas, se focalisait justement sur les diverses possibilités d'engager les conversations (de manière originale et étayée) et de donner une raison valable d'une rencontre physique.

Et pour vous, pensez-vous que les réseaux sociaux professionnels peuvent-ils nous rendre invisibles ? Quelles alternatives suggérez-vous ?

1 commentaire:

Jean2Benoit a dit…

A mon avis, cette question du but avant l'inscription n'est pas une problématique de priorité mais de logique voir même de bon sens. A-t-on tous acheté une voiture parce qu'il faut le permis B pour tel ou tel poste ? Mettons-nous tous des cravates pour finir à la Défense ? La question de la réflexion avant inscription et le temps consacré ne se pose même pas ! Un seul profil suffit s'il mise à jour régulièrement et avec pertinence.

http://opinionsurrue.wordpress.com/2009/07/14/doit-on-apprendre-a-utiliser-facebook/