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lundi 20 décembre 2010

Interview avec Antoine Dupin, consultant et chargé de communication web à l'ESC Rennes

Bonjour Antoine, qui es-tu ?

Je m’appelle Antoine Dupin, 27 ans et Breton-Vendéen (ascendant Chouan donc) ce qui donne un mélange coriace. Je suis actuellement en charge de la communication web de l’ESC Rennes School of Business et je fais des petits travaux de consulting. Je collabore également à des e-books, des blogs et donne quelques conférences.

J’ai un parcours scolaire assez diversifié mais qui répond à une volonté de travaillé pour le multimédia. J’ai ainsi un BTS Communication, un master en journalisme web et tv, et un master 2 en info-comm option ingénierie des médias.

Parallèlement à mes études, je me suis formé (je suis un autodidacte) à la mise en place de sites web et au graphisme (phostoshop et illustrator par exemple). Ceci allié à mes diverses expériences me permet d’être journaliste web, chef de projet multimédia ou encore chargé de communication internet et print.

Enfin, dans la mesure où je m’investis à fond dans des projets innovants, je suis également administrateur à l’association BUG, sur Rennes, dont la mission est de « démocratiser » les usages numériques. Ils sont à l’origine du réseau social associatif La Ruche mais également du wiki dédié à la ville de Rennes. Passionnant.

Me définir est donc assez difficile, car il faudrait me cataloguer et je ne rentre pas dans une seule case (d’ailleurs il m’en manque certaines mais c’est un autre débat). Pour reprendre les trucs tendances que l’on retrouve un peu partout, on pourrait me qualifier de "Social Media Samouraï Evangelist Beaver" :)

Comment es-tu venu aux médias sociaux ? Comment les utilises-tu pour tes activités professionnelles ?

Depuis tout jeune, je me passionne pour le web. A 14 ans, j’avais déjà commencé à vouloir entrer tous les articles de l’encyclopédie de mes parents dans un obscure logiciel, front page je crois.

Bon, je m’étais arrêté au premier article sur les dinosaures, mais la passion est restée. Cependant, n’étant que trop peu technique et plus dans l’imaginatif, je ne voyais pas alors comment concilier passion et ma principale qualité. Alors je me suis orienté vers la communication.

Au cours de mon premier master, j’ai découvert l’existence des réseaux sociaux au travers d’un camarade dont le frère travaillait chez Netvibes, et l’un de mes profs était Ludovic Simon, fondateur de DoYouBuzz. Difficile d’échapper à leurs échanges passionnés. Après de nombreuses discussions, ma thèse portait finalement sur l’utilisation du web 2.0 pour les télévisions locales. La passion a perduré, elle me permettait d’être un acteur du web tout en n’étant pas forcément « technique ».

Mon blog naissait quelques temps après, cherchant tant bien que mal une ligne éditoriale (d’ailleurs si vous avez des propositions) et mes erreurs me faisaient appréhender un environnement que je tentais de maîtriser, ou du moins de comprendre et d’anticiper.

Mon premier emploi fut chef de projet chez MySportProfiler, un réseau social pro à destination de l’industrie du sport. C’est là que j’ai fait réellement mes armes, développé mon réseau et mon analyse.

Comprendre le monde dans lequel on évolue est essentiel. Mais le remettre en considération est vital. Il faut donc lire mais adopter une approche de lecture / mise en application / mise en doute et c’est ce que je me tue à faire depuis que j’ai découvert ce monde. Ce qui me passionne n’est pas tant l’aspect technologique, mais les nouvelles manières d’interagir avec des consommateurs, de voir les réactions en direct et d’être dans de véritables processus d’échanges et d’engagement.

Aujourd’hui, parmi mes activités je manage des communautés, même si je n’aime pas le terme « Community Manager » et préfère dire que je fais du « Community Management », à savoir qu’il n’est qu’une partie de mon travail. Les médias sociaux sont très utiles pour fédérer nos futurs, actuels et anciens étudiants et permettre des échanges constructifs.

J’utilise principalement Facebook et Twitter car ils correspondent réellement à notre cible. Mais je suis conscient et garde un œil sur les réseaux sociaux verticaux, et autres forums.

D’ailleurs, au-delà de toute espérance, ces pratiques nous ont permis de nous rapprocher d’acteurs locaux, et j’ai eu la chance de participer au début du projet Cantine Numérique Rennaise. C’est un projet passionnant avec des acteurs vraiment motivés, sérieux et passionnés.


Tu sors un livre intitulé "Communiquer sur les réseaux sociaux", comment t'es venue l'idée ? Quel en est le contenu ? A qui est-ce destiné ?

Tout a commencé par un long article sur « Communiquer sur Facebook » qui au demeurant est très bien positionner sur Google. Une maison d’édition, FYP, a voulu devenir mon ami sur Facebook. Je leur ai alors proposé l’idée d’écrire un livre et après leur avoir exposé le sujet, ils ont dit oui.

J’avais beau lire de nombreux ouvrages, de nombreux articles, je trouvais qu’il manquait quelque chose. Je ne dis pas que ces derniers étaient nuls, loin de là, mais nous étions toujours dans l’après, et pour certains, dans des recettes toutes faites. Or, à mon sens, une stratégie sur les médias sociaux doit être une réflexion, pas un réflexe de type web 2.0 = Facebook + Twitter.

Il faut comprendre qu’il n’y a pas de recette miracle, que l’on est dépendant de notre environnement et que le mimétisme est l’un des principaux facteurs d’échec. Il faut être soit même, honnête et répondre à des objectifs spécifiques à notre entreprise.

Les livres consacrés à l’animation de communautés sur Facebook sont-ils pertinent pour une entreprise qui est dans une logique de communication d’affaire ? La réponse est non. Dell a vendu des tonnes d’ordinateurs obsolètes par Twitter. Est-ce réellement un canal de vente applicable dans toutes les conditions ? La réponse est non.

Et pourtant, trop d’entreprises suivent les conseils qu’elles lisent ici et là, les chemins balisés par des multinationales et décortiqués par des auteurs, des journalistes et des blogueurs. Je pense qu’il faut réfléchir, penser sa communication selon un environnement qui nous est spécifique et, pourquoi pas, prendre en référence des exemples pertinents mais également applicables à notre cas.

Enfin, il est important que les entreprises comprennent les nouveaux mécanismes inhérents à ces nouvelles plates formes. Trop ancrées dans des logiques de communication traditionnelles, elles cherchent à quantifier leurs actions, là où nous sommes entrés dans un internet relationnel dont le résultat est qualifié. C’est très important d’appréhender ces nouvelles pratiques et de comprendre la nuance.

Par exemple, une entreprise aujourd’hui cherche à avoir des communautés importantes sur Facebook. Pour cela, elle ne va pas procéder à un recrutement naturel, où ce sont les internautes qui vont venir d’eux-mêmes, mais à un recrutement artificiel, basé sur les jeux-concours par exemple. Ainsi, en trois semaines l’entreprise peut "créer" une communauté de plusieurs milliers de membres. Mais, elle n’arrivera pas à instaurer un dialogue dans la mesure où ce n’est pas pour elle qu’ils sont venus mais bien pour les lots.

Il faut donc repenser la communication, savoir que la relation est difficilement quantifiable (combien vaut un membre sur Facebook ?), que cette relation et la communauté se créent dans le temps et non sur le court terme. Je pense personnellement que c’est une démarche que doit faire l’entreprise, et non pas suivre sans en appréhender le sens des chemins balisés.

Le livre est de ce fait très simple et s’articule autour de trois grandes parties. La première est destinée à prendre en considération son environnement pour savoir où l’on va, la seconde permet de penser sa stratégie, et la dernière de l’appliquer en conséquence. Je ne propose pas de solutions toutes faites, mais bien une méthode, des pistes de réflexion afin de rendre pertinente sa stratégie. Et si, c’est possible, il est par conséquence destiné à toute personne morale ou physique, internautes curieux, entreprises, associations, institutions.

Quels sont tes projets pour 2011 ?

Me reposer… non en fait j’y arrive, j’ai un mal fou à me dire : je ne fais rien... sauf évidemment pour Walker Texas Ranger mais c’est autre chose (je suis fan de Trivet).

Je vais continuer mon blog perso qui sera plus axé perso, avec des réflexions qui me sont propres. Je vais également animer le blog dédié au livre (strategiemedia.fr), qui sera structuré autour de la thématique « ce sont les lecteurs qui créent la demande ». Ils peuvent proposer des sujets et j’essaierai de les traiter.

Je vais également tenter de lancer une plateforme multi-auteur internationale autour de la politique 2.0 (déjà 2 rédacteurs canadiens et deux rédacteurs français). Enfin, je vais continuer d’autres projets, comme MyCommunity Manager ou encore un blog qu’on a dans les tuyaux avec d’autres acteurs du web français. Bref, continuer à écrire, car c’est ma grande passion. Peut-être tenter de partir un jour au Canada qui est un pays de cœur qui m’attire depuis trop longtemps.

Et puis, j’ai toujours voulu être écrivain depuis mon enfance. Je pense avoir la plume suffisante et l’imagination nécessaire. Malheureusement, je n’ai pas la patience d’arriver jusqu’au bout. Avec ce livre, je tente d’exorciser ce défaut, alors pourquoi pas un livre avec une histoire ?

Quelles sont tes présences web ?

J’ai un blog, qui est vraiment bien, et je suis rédacteur sur d’autres supports. Mais je suis principalement présent sur Linkedin (http://fr.linkedin.com/in/antoinedupin) et sur Twitter (http://www.twitter.com/antoinedupin), que j’affectionne particulièrement.

Merci Antoine et bon courage pour la suite!

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