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lundi 27 décembre 2010

Interview avec Hédia Charni, chef de projet web et coordinatrice artistique en maison de disques

Bonjour Hédia, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour, je m’appelle Hédia. J’ai à la base une formation de communication-relations publiques. Je travaille depuis dix ans dans l’univers de la musique :

- régisseuse de tournée
- assistante d’artiste
- attachée de presse multi-supports
- responsable promo-marketing en radio
- chef de projet musique et digital en agence de communication

Je suis une hyperactive touche à tout. Je me suis convertie seule au digital en lisant, mais surtout en allant à la rencontre de certains acteurs-clés français et internationaux de ce domaine. Mais la pratique au quotidien reste la clé de la conversion.


En URL je suis bloggeuse d’obédience musicale : chroniqueuse sur ChartsInFrance.net et l’heureuse maman de Lourdson.com, 1er blog français dédié à l’univers urbain sous l’angle de l’innovation technologique.


Je suis également la secrétaire générale de GirlzInWeb (collectif féminin mais non féministe) qui vise à valoriser et rendre plus visibles les femmes qui travaillent et agissent dans les métiers du numérique, du web et des nouvelles technologies (et vice versa).


En IRL je suis chef de projet web et coordinatrice artistique en maison de disques.

Qu'est-ce qui t'a emmené à la musique ? Comment vois-tu l'industrie du disque évoluer ?

Je fais aujourd’hui le métier que j’ai toujours voulu faire. J’ai grandi dans une famille où la musique était omniprésente. Je dévorais les clips et chaque émission concernant le monde de l’entertainement. Mes parents écoutaient beaucoup de variétés, ça a consolidé mon goût du populaire au sens noble du terme.

Mon père est un passionné de radio, il a été animateur sur une station locale un temps il m’a transmis le virus d’aimer parler aux inconnus.

Comment l’industrie du disque va évoluer ? Pour être honnête je ne sais pas, nul n’est prophète en son pays.

Ce qui est certain c’est qu’on va continuer à diversifier les sources de revenus, développer la musique dématérialisée, destinée à être écouté en mobilité. On va probablement s’inspirer de best practices venant d’internet.


Aujourd'hui, il est clair que les médias sociaux sont des leviers importants. Comment un(e) artiste indépendant(e) pourrait se faire une place ?

Tout d’abord la règle d’or à imprimer dans son esprit, c’est que la star c’est la chanson. Et cette donnée essentielle est générique à tous les courants musicaux.

Ensuite je pense qu’il est faux de croire que les médias sociaux sont adaptés à tous les types d’artistes, ce qui est viral c’est un contenu pas un individu.

A Rome on s’habille comme les romains, alors :

- Apprenez non pas les langages de programmation mais le vocabulaire 2.0, les réseaux sociaux stars et comment les personnaliser, comprenez les rouages et soyez présent sur les plateformes où il fait sens pour vous d’être présent
- Faites de la veille sur les artistes qui pourrait être vos concurrents, décortiquez leurs méthodologies
- Rendez vous visible en contactant des bloggers et des sites internets, soyez force de proposition, proposez des angles de sujet, sortez de la classique interview promo
managez votre e-reputation, soyez au courant de ce qui se dit sur vous.
- Tracker les liens, analyser les mots-clés que vous utilisez, monitorer vos résultats.
- Démarquez-vous avec un univers graphique propre à vous, soyez disruptif !

Ayez du relief : OSEZ, et si ça ne fonctionne pas osez changer de méthode !


Tu as également répondu à un interview avec Fadhila Brahimi à LeWeb10. Comment développer sa capacité à rebondir ?

Fadhila a eu la gentillesse de m’interviewer pour France Tv lors du LeWeb10 sur le sujet de la réussite. J’ai répondu en exposant une étape de ma vie professionnelle. Il y a quelques années, j’ai été licencié alors que je venais d’obtenir une promotion quelques temps auparavant.

Cet événement a été difficile à vivre dans un premier temps car je le considérai comme incompréhensible, injuste je le vivais comme une trahison. Puis, j’ai décidé de changer la place du curseur et je l’ai accueilli comme une véritable bénédiction et une étape formatrice.

Chaque cas est différent bien sûr, c’est la façon de percevoir une situation qui change. Soit tu décides de te taper dessus et de t’auto-flageller, soit tu t’aides et t’encourages.

Stress, peur du chômage, manque de reconnaissance sont les fantômes qui nous guettent derrière le spectre du licenciement. Le choc émotionnel ne doit pas être négligé, ce qui est bien souvent le cas en France. Nous sommes une génération qui cherche à se sur-protéger des épreuves et de l’adversité. Mais il faut savoir accueillir le changement en s’adaptant.

Je crois à la force de la résilience. A l’origine ce terme évoque la capacité des matériaux à retrouver leur forme originelle après un choc violent. Il faut laisser s’exprimer sa douleur, faire son deuil. La tristesse est bien souvent un signe d’intégration du process.

Avant de débuter tout autre étape, faire fi des rancoeurs, et ne jamais oublier que même si les frontières s’amincissent, le travail ce n’est pas la famille.

Même si pour beaucoup cela semble une perte de temps, faire une vraie pause est indispensable. Pas pour réfléchir ou remettre à jour son CV. Non, juste une pause comme on se mettrait en convalescence après un accident, pour mettre l’esprit au repos. Et on évite au possible l’auto-flagellation ou les « j’aurai dû ». Ce qui est fait est fait.

Ensuite et seulement dans un second temps, prendre le temps de la réflexion stratégique.

Une fois que vous vous sentez prêt à remonter en selle, demandez-vous clairement ce que vous voulez et comment obtenir les meilleurs résultats dans les plus brefs délais.

Se poser les bonnes questions, ce qu’on appréciait dans notre travail, ce qu’on l’on est plus prêt à accepter, voire si vos relations le permettent faire un bilan avec ses ex-collègues, etc...

Cette étape n’est pas obligatoire mais essentielle si vous êtes prêt à entendre des choses désagréables. Mais c’est important d’être prêt à partager pour comprendre et désamorcer le cercle du recommencement et mimétisme.

Cette mise à plat permettra une mise à jour de CV et reévaluation de compétences le cas échéant.

Mes conseils :

1/ Allez chercher le meilleur

- La meilleure vision map
- Le meilleur mentor
- Les meilleurs outils

2/ Soyez focus sur un but à la fois

3/ Débloquez les peurs qui vous stoppent

4/ Passez à l'action chaque jour et toujours mesurer vos progrès

Surtout abandonnez les codes négatifs qui parasiteraient votre démarche vers l’extérieur.

Ne regrettez rien, osez vous écouter, osez faire, osez vous tromper et par-dessus tout osez réussir !


Quelles sont tes présences web ?

Mon site personnel étant en construction, si vous souhaitez continuer cette conversation ou en débuter une nouvelle retrouvez-moi là http://flavors.me/hedia

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