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jeudi 10 mars 2011

Appelez-moi expert !

Est-il bon (bien vu ?) de prendre position sur un sujet, et d'avoir une vision fine d'une réalité ? Ou bien, est-ce plus poli de garder le silence et de hocher la tête en face d'arguments que l'on trouve peu convaincant au final ?

Est-ce une question d'âge ? De niveau d'expérience ? D'école de provenance ? Doit-on avoir le veto de telle ou telle personne, ou bien carrément d'un groupe, d'une assemblée ?

Face à l'incertitude, l'imprévisibilité de certains "évènements forts" (cygne noir quand tu nous tiens) et au fait que le marketing, la communication et le potentiel humain (par exemple) sont loin d'être des sciences exactes... il n'y a pas que les *experts* qui ont leur mot à dire.

Dans les années 80, le porte-à-porte et le téléphone prévalaient pour toute démarche de prospection par exemple. Lorsque Internet a débarqué, où sont passés les experts de la téléprospection ? Quelles réactions ? Quel a été leur avis sur ce nouveau média ? Un effet de mode ? Une position défensive en réaction ?

Lors du premier Théma organisé par L'Atelier BNP Paribas (sessions que je conseille vivement), le second panel comprenait un chef d'orchestre. Excellente démarche ! Cela a permis de dynamiser la conversation et d'avoir une VRAIE complémentarité dans les différents apports. Un regard neuf sur une problématique donnée est un avantage essentiel pour élargir le champ de perception.

Et là, il n'est point question de sortir son palmarès, les clients avec qui l'on a travaillés, etc... et de simplement "descendre" d'autres personnes qui souhaitent exprimer leur opinion sur le web. Une critique constructive oui. Allons au-delà des intérêts personnels et économiques :)

La limite du mot "expert" réside également dans le fait que l'on peut se mettre des oeilleires, en pensant en savoir plus que les autres et en écoutant que soi. Cela signifierait un déficit d'ouverture, d'écoute et une énergie déployée pour défendre sa position, soit de l'inertie cachée.

Bien au contraire, ce que nous démontre le web actuel (au-delà des outils), c'est la grande nécessité de cultiver un esprit d'ouverture, de curiosité. La grande richesse de la sérendipité et de la diversité des horizons, des opinions, etc... Guère de discussions de club.

Dans un environnement où les nouvelles technologies s'enchaînent et impactent les structures (Twitter le faisant d'une manière spécifique avec tout son écosystème et ses fonctionnalités, Linkedin également, etc...), se renouveller en permanence et donc travailler sa tolérance au changement sont deux facteurs-clés de succès parmi d'autres à considérer.

Pollinisation. Compétences transférables. Visions croisées. Élargissement du champ de perception. Qu'est-ce qu'une personne du marketing peut apporter sur le sujet de la proposition de valeur employeur ? Qu'est-ce qu'un développeur de communautés peut apporter aux projets civiques d'une entreprise ? La liste est longue.

(crédit photo)

1 commentaire:

Msebastien a dit…

Hello Lilian

Encore un super billet signé Lilian !
Connais-tu le concept du Ba ?
Il repose sur un système circulaire où il n'y a pas de hiérarchie quant à la qualité de l'information fournie par tel ou tel élément du système. Aussi bien l'utilisateur, les bénéficiaires, l'équipe d'expert, apportent des informations de même importance pour créer et mettre en place les solutions.

De fait, une société, qui aurait un centre de recherche et développement déconnecté de l'opérationnel et des usagers, devra dépenser plus d'énergie aussi bien pour concevoir de nouvelles solutions que pour les mettre en application malgré l'hyper-compétence de ces ingénieurs.

Cela peut se réaliser facilement grâce à la ludopédagogie

Les détours permettent de prendre du recul pour mieux prendre de l'élan en 4 étapes

* L'analogie
* La prise de recul
* La rencontre
* La confrontation

A quand le prochain billet ?

Bonne journée