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jeudi 24 mars 2011

Moins d'outils, moins de tâches et plus de temps pour créer


The Inspiration Blog avait posté ce billet sur le minimalisme pour les couvertures de livre. Le but de l'approche étant d'aller à l'essentiel, tout en faisant fortement ressortir l'essence même et la portée du livre.

En voici un exemple ci-dessous :




Chacun de ces livres ont ce point commun : utiliser le moins élément possible pour délivrer le plus de signifiance possible.

Par ailleurs, le terme "minimalisme" est souvent asssocié au design artistique. Si le but de l'approche minimaliste est d'éliminer le bruit et les distractions, elle pourrait positivement impacter d'autres frontières telles que le monde des affaires. En effet, il y a aussi ce parallélisme que l'on pourrait faire avec le bootstrapping, où l'on doit réaliser avec peu de moyens financiers. Cette contrainte même peut être génératrice de créativité et de focalisation.

Dans un monde actuel où le choix et l'encouragement à la consommation (de manière générale) règnent, le minimalisme est encore plus à considérer. On ne peut pas tout choisir, et choisir beaucoup n'est toujours pas la bonne option.

Pour ce qui est du travail par exemple, est-il vraiment intéressant pour l'entreprise d'avoir des listes de tâche allongées ? De faire du multitasking ? N'est-ce pas une source de stress négatif, d'épuisement ? Toujours faire plus mais pour quelles raisons, quelle durabilité ?

Faire mieux, faire plus avec moins, sont ces genres d'option à considérer aujourd'hui.

La technologie et l'hyperconnexion sont des challenges importants pour les personnes comme pour les entreprises. Il peut y avoir un flou entre la sphère privée et la sphère professionnelle.

La notion de présence digitale, pour une personne, est même un paradoxe dans le sens où il y a tout simplement une énergie et un temps limités. L'usage des médias sociaux est chronophage et une rationalisation est importante. Pour une entreprise, il suffit d'embaucher ou d'externaliser mais la contrainte financière demeure présente.

Leo Babauta, auteur de "The Power of Less", a tout un blog centré sur cette question du minimalisme, en lien aussi avec le style de vie américain. Il y partage ses ebooks en rapport avec thème et voici un podcast sur le multitasking.

John Maeda a un fantastique livre que je recommande : "De la simplicité". Il y livre des idées pratiques pour faire face à la complexification.


Garr Reynolds, célèbre pour ses présentations zen, part aussi du principe de l'excès d'informations, des slides surchargés et de l'éloignement du sens même d'une présentation. Il propose ainsi une approche en rupture, basée sur l'utilisation d'un minimum d'éléments pour un maximum d'impact.

La longue traîne part implicitement aussi de ce principe-ci. La tête représente ainsi tout ce qui est populaire, la masse et le large choix. La traîne met en relief les diverses niches, où l'on ne va pas faire quelque chose qui plaît au plus grand nombre de personnes mais seulement à quelques unes d'entre elles. Focus.

Google, Apple, Posterous et encore d'autres, se sont organisés (volontairement ou pas) autour de l'approche minimaliste (quoique que les formes de minimalisme employées sont plus visuelles et d'apparence). Starbucks a récemment changé son logo en y retirant quelques éléments :


D'un point de vue business, offrir un service simple et qui ne répond (réellement) qu'à une seule problématique peut être un avantage; pendant que d'autres répondent à plusieurs problématiques mais à moitié.

"The Dip", un des nombreux best-sellers de Seth Godin, fait moins de 100 pages ! Soit un condensé de lignes et un livre qui se lit très rapidement et avec beaucoup de plaisir. On conserve ainsi le plaisir de la lecture et on n'hésite pas à faire de la relecture pour revenir sur certains points. Encore une preuve que "Plus", ne veut pas forcément dire "Mieux".

Plus de blogs à lire, plus d'informations à scanner, etc... Tout ceci semble répondre, au fond, à une logique de production, de volume et de quantité : consommatrice de ressources. Au contraire, la logique artistique (que met en relief Seth Godin dans "Linchpin") est consommatrice d'inspiration en phase avec la focalisation et l'innovation.

Artistique ? Sur ce blog, on a évoqué à plusieurs reprises la nécessité de concevoir des objets de conversation engageants, soit du design. Dans le contexte actuel, il existe moins de barrières géographiques et le mot "connexion" n'est pas un mot à la mode. On va avoir une circulation de ces objets de conversation à travers des canaux facilitateurs (physiques comme digitaux).

Un des autres aspects intéressants est qu'en libérant du temps, on en gagne pour prendre du recul, penser. Par exemple, le fait de faire abstraction de mon lecteur de flux RSS me permet de dégager du temps pour vraiment observer, expérimenter et structurer les messages que je souhaite partager. Il s'agit certes d'un seul item sur ma liste mais les effets sont bien plus importants. Ainsi, les décisions (même les plus "petites" d'apparence) ont un fort impact, des effets non négligeables.

Pour une mise en pratique, l'approche de l'épicentre proposée par les auteurs de ReWork est un bon point de départ, où plus on s'en éloigne, moins on va à l'essentiel.

Si vous deviez choisir deux réseaux sociaux, lesquels seraient-ils ?

Si vous deviez choisir de traiter qu'une seule thématique au lieu de trois, quatre ou cinq, vers laquelle se diriger ?

(crédit photo)

1 commentaire:

Vincent BARBEROT a dit…

Moins d'outils : je pense que la question se pose, car on a voulu vendre à l'entreprise des produits dont l'utilité n'était pas forcément validée par l'utilisateur final. L'émergence et la multiplicité des sites Web 2.0 accentuant l'aspect chronophage, le déclic est né pour réduire les outils au profit d'une meilleure qualité.

Moins de tâches : ne créons pas non plus un ouvrier moderne travaillant à la chaîne faisant une tâche unique. Je dirai plutôt de meilleurs tâches en réglant le problème du point précédent.

Plus de temps pour créer : C'est le résultat des deux points précédents, c'est aussi un état d'esprit que l'on a ou pas, à l'entreprise de le faire ressortir au mieux dans son organisation.