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vendredi 20 juin 2014

Popularité vs Empreinte : le classement, un besoin superflu ?

Les jolis classements, les applaudissements, les encouragements, les mentions et apparitions. Tous ces gestes de reconnaissance donnent le sourire et procurent une certaine satisfaction. Ils donnent envie d'encore plus se dépasser, pour encore plus d'applaudissements, d'encouragements et de meilleurs classements. L'ego en prend un coup (positivement) et on se sent un peu plus en confiance.

Que se passe-t-il si le contexte change ? Si les règles ne sont plus les mêmes pour obtenir les félicitations et que l'on reste figés ? Si, tout simplement, des contraintes font qu'il n'est plus possible de fournir l'effort habituel ? On dégringole des classements, moins d'applaudissements, une sensation d'invisibilité brusque. Et si la finalité était justement, de ne pas rechercher la visibilité ?

En effet, le développement d'une dépendance aux signaux externes positifs peut devenir un souci, une fois que ces derniers se font moins puissants. Si notre bonheur individuel est très majoritairement lié à la reconnaissance externe, que se passe-t-il si le "public" opte durablement pour le silence et l'indifférence ?

Cela ne renvoie-t-il pas à une fragilisation, aux maux de notre société de "la bonne image" et du "conventionnellement juste" ?

La Puissance du Pourquoi. Gina Rudan, dans son livre "Practical Genius", a repris les sujets de la motivation extrinsèque et de la motivation intrinsèque. Cette dernière est générée de l'intérieur, de ce qui nous touche au plus profond. Simon Sinek, dans sa célèbre intervention TEDx "Start With Why", insiste sur la Puissance du Pourquoi. James Caan, entrepreneur britannique reconnu, évoque une nouvelle fois ce point du "Pourquoi" dans son ouvrage "Start Your Business in 7 Days". Dans la méthodologie des 5 Pourquois (root-cause analysis), souvent utilisée par les consultants, l'enjeu est de littéralement creuser au plus profond et d'en venir à la cause véritable. La spécifier permet de se rappeler la portée de l'activité à laquelle on s'adonne et d'y puiser une source d'énergie, nécessaire pour faire face aux coups durs et de réduire la dépendance aux feedbacks positifs externes. Et si la finalité était justement de rechercher l'authenticité ? 

Les classements sont comme des jeux, on peut manipuler la partie. Tout pour être au sommet. Tout pour satisfaire l'ego. Tout pour le bon point, la bonne note et la bonne récompense. C'est, malheureusement, là où les pratiques peu éthiques peuvent prendre le dessus. Faire du forcing, jouer des coudes, pourvu que l'on ne perde sa propre place. De la Puissance du Pourquoi, des convictions en découlent, avec très sûrement un plus ou moins large groupe de personnes les partageant. La focalisation principale ne devrait-elle pas être mise à ce niveau-là ? Avoir un impact positif sur ces personnes ne devrait-il pas être plus gratifiant que l'obsession du classement ?

Popularité vs Empreinte. Tous les outils sociaux sont à notre disposition pour faire de la création, de la curation ou du suivi de contenus. Nous seuls, gérons les volumes, le fond des propos. A partir de quel moment oeuvrons-nous pour la popularité ? Pour l'empreinte laissée ? Le premier est périssable. Le second est durable.

Accepter l'imperfection et évoluer à son rythme. La perfection ou le "conventionnellement juste" laisse peu de place à une expression authentique, et engage une sur adaptabilité. Supporter la cause véritable et publiquement la défendre avec ses propres atouts et faiblesses ne serait-il pas plus générateur de satisfaction personnelle ? Si cela amène à des encouragements, des félicitations, tant mieux mais cela ne devrait représenter l'objectif ultime.

A chacun son point d'équilibre, en fonction de ses forces, ses faiblesses, ses valeurs, ses contraintes et sa cause véritable. L'empreinte est en phase avec un sens profond et durable. La popularité est un jeu éphémère et distrayant, qui se joue près de la Vallée des Oubliettes.

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