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vendredi 12 septembre 2014

Ô narcissisme numérique

Pour tous ceux qui pensaient que les médias sociaux allaient résoudre pas mal de problèmes, dommage. Il se peut qu'il en crée d'autres. Derrière la machine, il y a l'Homme qui dévoile ses intentions à travers les paroles et les actes. Les médias sociaux agissent comme des amplificateurs, et ce qui est asymétrique à la base a de fortes chances de le rester (et en beaucoup plus élargi).

Je n'ai pas l'habitude d'une prise de parole sous cette forme-ci, mais il me semble utile d'aborder un thème. Ce blog avait pour vocation de départ de traiter de l'identité numérique. Et depuis, la conversation et les thématiques évoluent. Un sujet sérieux est tout de même à reprendre, car tout n'est pas forcément rose sur la Toile. Cette dernière peut être le lieu d'agression, d'attaques, au sein même des sphères à thématique plus professionnelle. Le sujet du narcissisme numérique est sérieux et peut nettement nuire à l'intérêt collectif.

Narcissisme numérique, déviant ?

Il en existe deux types : (1) les personnes systématiquement en ébullition à chaque fois qu'elles sont citées dans des classements insignifiants (et n'hésitant pas à donner des croche-pieds ou à critiquer jusqu'à l'épuisement); (2) les personnes émettant très régulièrement des attaques personnelles et se jetant des fleurs à chaque relecture de leurs propres punchlines (profil du troll premium). A tout cela, ajoutez la pensée unique et une assertivité impalpable. Au fond, les narcissistes numériques "récidivistes" (puisqu'ils n'oeuvrent dans le one-shot) ont surtout besoin d'amour ou de lancer une campagne du type "Please, Hug Me".

Rien de constructif.

Pour ces deux types de profil, bravo. Il y a apparemment une forme de déficience, empêchant de fermement saisir l'opportunité qu'offre le numérique de manière générale. Un véritable gâchis. Une manière fraîche et élégante de se mordre la queue ? 

Vous comprendrez aisément que le narcissisme numérique n'a rien de responsable, ni de durable. En tant qu'adultes, et surtout en tant qu'utilisateurs avertis, il est de notre devoir de faire preuve de bienveillance, de respect d'autrui et de diplomatie.  

Experts, experts et experts

Les narcissistes numériques ne comprennent pas que des professionnels disposant de compétences complémentaires peuvent tout autant prendre position, et ajouter de la valeur à leur manière. Une forme de complexe ? Le côté "communauté" est justement la c-o-n-t-r-i-b-u-t-i-o-n. Aucun lien avec une hiérarchie quelconque, un titre ronflant, un statut ou l'appartenance à des clubs. Ce qui est génial sur les médias sociaux, ce sont les apports pleins de diversité, les différentes connexions et perceptions d'un même objet. Au final, on en ressort enrichis. On en apprend tous les jours, et ensemble. D'ailleurs, une élitisation mène à une asphyxie et à une myopie, comme on peut quotidiennement l'observer à travers les médias...

A la vitesse où la demande évolue et les conditions d'exercice changent, il y a cette agilité et ce souci d'actualisation permanente; soit des mouvements successifs de programmation et de dé-programmation. Comme le cholestérol, l'expertise a du bon comme du mauvais; et pour cette dernière partie, il s'agit de la mauvaise influence de la "pensée fixe" comme le dit bien Carole Dweck. En effet, au lieu de continuer à rechercher la croissance, on va tout faire pour protéger son expertise comme un bout de terre... mais jusqu'à quand ? L'aspect "Communauté", dans l'idéal, va justement dans le sens d'une dynamique collective de croissance. 

Pour synthétiser cette partie, c'est plus d'agilité et de capacités collaboratives dont on a surtout besoin. Pas d'un égocentrisme, ni d'un état d'esprit territorial et ultra-concurrentiel. Par ailleurs, comme le souligne bien nos amis anglosaxons : what goes up must come down. C'est-à-dire qu'un succès n'est pas éternel. Une véritable intelligence, au contraire, va permettre de conserver/développer le momentum.

Connexions aujourd'hui. Collaborateurs demain ?

Nos amis narcissiques oublient que les parties se rejouent et que les rôles de chacun peuvent évoluer. Et pourquoi pas passer de simple connexion à client ? A recruteur ? A partenaire ? A investisseur ? Ce qui est dommage et étonnant, c'est ce manque de maturité dans la gestion des relations. Cela donne un aperçu, une forme de projection pour l'autre partie, et démolit les ponts qui se construisaient jusqu'ici. La vision polarisée et rigide des relations se périme. Le "digital" amène à créer de la valeur autrement. Collectivement, et positivement.

Depuis ces quelques années d'activité sur la Toile, j'ai pu tout de même rencontrer de très très nombreuses personnes, intéressantes à découvrir et pleines de bonne volonté (que ce soit en France ou à l'étranger). Au jour d'aujourd'hui, prendre du temps avec les miens et m'engager pour ce qui me touche sont les deux priorités principales. Le reste n'est que spectacle et distraction. Cheers ;-)

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