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jeudi 12 novembre 2009

Interview de Frédéric Domon : apprentissage et médias sociaux

Peux-tu te présenter en quelques mots ? Quels sont tes centres d'intérêt ?

Je suis né durant le millénaire précédent. Très tôt, je découvre les joies de l’informatique avec un ZX81 Sinclair, une pure merveille dotée d’une mémoire de 1Ko. A cette époque, tout est plus simple. Le monde est bipolaire.

Le rideau de fer n’est pas encore tombé et c’est partout la course à l’armement. Le 8088 vient d’être détrôné par le 286 qui ne tardera pas à se faire laminer par le 486 qui lui-même finira atomisé par le pentium. Malgré mon penchant pour la technologie, je ne deviens pas informaticien. Le service de pointe de l’Education Nationale, le CIO (Centre d’Information et d’Orientation) m’évite cet écueil, ses agents de choc m’assurant que ce secteur serait sans débouché.

L’informatique étant sans avenir, je m’oriente vers les problématiques de construction des messages, de leur circulation, bref vers le marketing et la communication.

En presque 15 ans, je fais un peu le tour du sujet. Et puis, lassitude, sentiment que les vieilles recettes ne font pas forcement les meilleures soupes, l'envie de nouvelles aventures me poussent vers l’aventure entrepreneuriale.

D’autant plus facilement que la vague conversationnelle que je suis avec le plus grand intérêt, et ses valeurs, comme l’écoute, le partage, la transparence et l’engagement, me parlent.

D’où la naissance de Socialearning ?

J’accompagne déjà un certain nombre d’organisations dans leur communication. Et quelles que soient leurs tailles, le développement des médias sociaux, l’explosion de l’audience des réseaux, les interpellent.

Ce sont elles qui me demandent en premier de les accompagner sur ces problématiques passionnantes.

D’où l’idée de créer une agence conversationnelle qui propose de les aider à comprendre les mutations sociales, technologiques et à les transformer en opportunités.

Aujourd’hui j’ai l’impression qu’il pousse des experts en médias sociaux sous chaque page Facebook, sous chaque compte Twitter.

Si le web conversationnel est une formidable opportunité pour les organisations, il faut savoir bien s’entourer pour parcourir ces nouveaux horizons.

La force de Socialearning est de s’entourer en toute transparence d’une communauté de spécialistes reconnus qui répond efficacement aux problématiques de ses clients.

S’engager dans une démarche conversationnelle n’est pas un acte neutre. Il faut que les dirigeants comprennent et acceptent dans quoi ils mettent les doigts. Il y a donc tout un travail d’évangélisation à faire en amont.

C’est aussi une démarche de long terme qui doit et va forcément impacter l’organisation elle-même. Les aspects formation et accompagnement sont donc primordiaux de notre démarche.

Pour résumer, l’esprit de Socialearning, c’est socialearning (tirer bénéfices des médias sociaux) et socialearning (apprendre des médias sociaux).

Justement, tu travailles aussi sur Entreprise Collaborative qui se focalise sur le concept du 'social learning'. De quoi s'agit-il ?

C’est un projet qui me tient vraiment à cœur. Dans le cadre de Socialearning, je me pose depuis un petit moment la question de la formation au web conversationnel. Et j’avoue que je ne suis pas vraiment enthousiasmé par l’offre actuelle.



C’est par exemple un peu paradoxal de proposer une formation dans ce domaine en ne se contentant que de simple session de présentiel avec un simple powerpoint en support.


La vidéo réalisée par des étudiants américains : A Vision of Students Today (voir ci-dessus), ainsi que l’article, Who needs a university when we have Google ? concernant le Hacking Education est un vrai déclic pour moi, car je comprends à cet instant que les outils et les réseaux sociaux changent profondément l’enseignement.

Elearning 2.0, Connectivisme, open learning, social learning, hacking éducation, etc ... au-delà des terminologies le monde bouillonne d’expériences dans ces domaines et ce n’est pas seulement une mode, un simple habillage à la sauce 2.0.

Je me pose du coup la question de la transposition de ces mouvements dans la formation en entreprise.

Avec Harold Jarche qui est canadien, nous avons l’idée de lancer un laboratoire d’idées autour de ces problématiques qui jette un pont entre le monde anglo-saxon et francophone. Ce sera www.entreprisecollaborative.com. Nous voulons ouvrir le débat sur les thématiques d’entreprises en réseau, de social learning, du futur de la formation en entreprise.

Entreprise Collaborative n’a pas de modèle économique dans ses cartons. Chaque contributeur y trouvera son propre intérêt.

Personnellement, j’ai simplement envie de faire découvrir ces sujets passionnants aux plus grands nombres. Ainsi, le blog carnival Ecollab permettra que ces thématiques se diffusent le plus largement possible et que le débat est lieu dans un maximum d’endroits.

Parallèlement, j’ai la volonté de constituer un groupe de réflexion pour qu’ensemble, nous appliquions les recettes du social learning dans la formation au web conversationnel et à l’entreprise collaborative.

Et là, oui, il pourra y avoir un modèle économique à développer et à partager. Mais nous n’en sommes pas encore là.

Sur quels réseaux est-il possible d'entrer en contact avec toi ? Quelles sont les places sociales que tu utilises le plus et pourquoi ?

Il n’y a rien d’original. On me retrouve facilement sur les principaux réseaux. Par manque de temps, je ne suis pas très actif sur la majorité des sites dont je suis pourtant l’activité avec intérêt.

Mais, il me faudrait des journées de 72 heures pour tout faire. Mais après une phase boulimique de découverte et d’expérimentation, je compte rationaliser un peu tout cela.

J’utilise en priorité Twitter. C’est vraiment un outil parfait dans mon cas. Il combine l’intérêt d’une messagerie à celui d’un annuaire hors norme et d’un excellent moteur de recherche.

Il permet d’entrer facilement en contact avec les gens. Avec sa logique temps réel, il crée une vraie proximité que je ne retrouve pas sur les autres réseaux. On y fait des rencontres moins formatées que sur des annuaires comme Linkedin ou Viadeo. La diversité y est aussi bien plus grande.

Et dès que c’est possible, j’essaye de rencontrer les personnes avec qui j’échange. Car si les réseaux sociaux ont cette force d’avoir remis l’humain au cœur du dispositif, rien ne saurait remplacer un regard, un sourire.

Entreprise Collaborative a récemment sorti un premier livre blanc sur le Social Learning. Qui sont les participants et comment les as-tu sélectionné ?

J’ai la chance d’avoir Harold et une partie de l’équipe d’Internet Time Alliance à mes côtés.

Pour ce premier livre blanc, c’est surtout l’agenda de chacun qui a fait la sélection. Je laisse aux lecteurs le soin de googliser les participants. Ils verront s’ils ne les connaissent pas encore que ce sont des spécialistes des médias sociaux, de la formation, de l’entreprise collaborative.

On retrouve Georges Siemens, Bertrand Duperrin, Frédéric Cavazza, Clark Quinn, Anthony Poncier, Cédric Deniaud, Jay Cross, Florence Meichel, Charles Jennings, Christophe Deschamps, Julien Pouget.

Et si mes souvenirs sont bons, il me semble que tu as aussi fait un article.

Pour la suite d’Entreprise Collaborative, j’ai eu de nombreux autres contacts, soit directement, soit via les réseaux.

Le point positif est que tout le monde a bien accueilli cette initiative. Entreprise Collaborative est une initiative ... collaborative. C’est une démarche naturelle chez les experts anglo-saxons que de travailler collectivement autour d’un même thème.

Il n’y a qu’à voir avec quelle facilité ils ont adhéré au projet. En France, c’est un peu moins évident il me semble. Mais les premières réactions m’encouragent à penser qu’au-delà des questions de chapelles, d’ego, nous arriverons à fédérer les énergies autour de ce projet.

Ce serait tout de même décevant si tous nos spécialistes du 2.0 qui ne parlent que de collaboratif, d’engagement, de co-création, n’arrivent pas à se réunir autour de cette initiative.

Aujourd'hui, le web social permet d'identifier et d'évaluer l'activité des pairs pour des collaborations potentielles. Quelle est ta position sur l'identité numérique et le personal branding ?

Il est certain que sans le web social, je n’aurai jamais pu identifier et entrer en contact avec autant d’acteurs tournant autour du social learning. Les listes twitter vont sans doute encore faciliter la recherche de pairs.

Concernant l’identité numérique, je ne fais pas parti d’une génération qui met les photos de ses soirées sur le net. Je suis conscient qu’internet garde les traces que je peux y laisser.

Donc sans avoir une gestion particulière, je fais simplement attention à ce que je fais sur le net.

Mais l’identité numérique n’est qu’une composante du Personal Branding. Dans le cas de Socialearning, je m’appuie sur des personnes ayant une marque forte parce que cela renforce la crédibilité des services qui sont proposées.

On oublie souvent la première étape du processus, pourtant essentielle, qui est tout le travail que l’on doit faire sur soi, sur ses aspirations.

L’authenticité, c’est peut-être la Clé du Personal Branding. En négligeant cette étape, on risque d'être aussi crédible que ce consutant (voir vidéo ci-dessous):



Quels sont tes projets? Comment suivre les actualités ECollab ? Comment participer ?

Du 17 au 19 novembre, va se tenir la conférence Learn Trend 2009. C’est une conférence online gratuite, organisée par George Siemens, Jay Cross et Tony Karrer, sur les tendances et l’innovation dans la formation en entreprise.

Entreprise Collaborative va couvrir cet événement qui attend plus de 1000 participants. Nous participerons aussi dans le cadre d’un échange entre Harold Jarche et Jon Husband.

Très vite, nous lancerons la première édition du blog carnival Ecollab (). Les contributeurs n’ont qu’à se faire connaître en amont en communiquant sur leur participation et sur Ecollab. Le jour dit, ils publient un article sur leur blog tout en nous avertissant (ceux qui n’ont pas de blog pourront participer en nous envoyant leur articles directement par e-mail).

Cela évite de nombreuses contraintes pour les contributeurs :
  • Ils n’ont pas à produire un article supplémentaire par rapport à leur activité normale de blogueur
  • L’article initial reste sur leur blog
  • Entreprisecollaborative.com et ses livres blancs leur donnent juste une visibilité supplémentaire. 
Et pour nous suivre, c’est assez simple, il y a www.entreprisecollaborative.com, son flux rss, son compte twitter @ecollab, son hashtag #ecollab.
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