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samedi 12 mars 2011

La générosité comme remède à l'hyper branding ?


Les différents outils et plateformes créés jusqu'ici (About.me, Ziki.com, Twitter, etc...) invitent à nous mettre en avant. Chose tout à fait utile si l'on a des enjeux commerciaux, financiers, de carrière. Cependant, tout ceci ne doit pas amener à une obsession de l'image et à devenir hyper-brandés. Un des signes de cette sur-focalisation sur son image, est l'importance accordée aux statistiques, aux classements et aux volumes (nombre de followers, nombre de retweets...).

Au cours d'une discussion la semaine dernière, nous parlions de Klout et de services similaires. Peu importe le nombre d'amis, de fans, de supporters ou autres, l'essentiel est de créer un mouvement. Si la grande majorité des personnes sont impliquées, actives et engagées, il n'y a rien à envier aux autres cas atteignant le millier ou le million de followers. La bataille du volume est inutile à mon sens. Et si demain tout s'écroulait ? Et si ces followers si soigneusement acquis s'en allaient par vague ?

Les médias sociaux sont d'excellents facilitateurs et moteurs de sérendipité. Hélas, ils peuvent aussi donner une image floue des réalités si l'on ne regarde que les aspects quantitatifs.

L'hyper branding est un piège émotionnel car aux moindres secousses (critiques, statistiques en baisse), les conséquences personnelles sont amplifiées. Car tout ceci touche bien évidemment à l'image. Il y a donc cette envie, cette motivation de contrôler. Mais comme on le sait tous, tant qu'il n'y a pas de diffamations, ni de comportements outranciers, chacun est libre de s'exprimer.

L'hyper branding est aussi une situation où la communication est si importante et les fondations si superficielles. Dans le cas d'une entreprise qui souhaite mettre en avant ses atouts, pour attirer/fidéliser des clients, des partenaires, des collaborateurs, la problématique reste la même.

On peut très bien afficher des slogans, des visu de qualité mais s'il réside un écart important entre les initiatives réelles et les promesses, où est l'utilité ? D'ailleurs, les collaborateurs internes sont les premières personnes en contact et capables de renvoyer une image plus réelle, de par leurs témoignages et prises de position (online ou offline).

Hyperbranding peut aussi signifier une grande focalisation sur l'image, la vitrine au détriment des idées de don, soit de l'innovation.

Pause.

Sommes-nous en train d'aller vers une économie de l'esthétique, de l'image superficielle ? Au détriment de valeurs, de visions (et parfois de l'éthique ?)

Je vous proposais le portrait de Dominique Dufour, qui pour moi fait partie des personnes exemplaires en matière de générosité.

Dans un monde où justement l'égo et l'intérêt individuel règnent, la générosité fait partie des éléments positifs qui font avancer. Comme il a été précisé, il ne s'agit pas seulement de générosité financière et de philanthropie. C'est bien un tout, en y intégrant la disponibilité pour écouter, interagir, faire progresser et/ou provoquer les esprits. Egalement, l'énergie déployée en lien avec la haute conviction qu'un autre portrait du monde peut voir le jour. Tout ceci dans le but de contribuer à la marche en avant, au progrès et au bien-être.

Dans ces élans de générosité, l'authenticité permet de s'inscrire dans la durée et d'éviter la superficialité. Il s'agit finalement moins de l'image et plus de la contribution que l'on offre. Les objets de conversation dont on parle de temps en temps sur ce blog, deviennent des présents à part entière autour desquels on interagit (et avec pour contrepartie des remerciements).

C'est même l'objet du livre, du très dynamique Gary Vee, intitulé "The Thank You Economy";


Book Review: The Thank You Economy by Gary Vaynerchuk from Jason Falls on Vimeo.

La question du whuffie posée par Tara Hunt, sous un angle moins futuristique et plus pragmatique, nous amène aussi à repenser nos initiatives et nos actes de générosité. Ce sont moins les crédits, points cumulés qui importeraient mais plus les types d'actions entreprises.

Les personnes sont comme elles sont, avec des qualités et des défauts. Rien de surprenant. Des êtres humains. Ce qui est attendu, ce sont des initiatives (de changement), des présents à partager, du contact en priorité et des émotions positives.

Pour conclure sur ce sujet de la générosité, Diateino nous informe (via leur page Facebook) que Guy Kawasaki sera en France le 7 Avril 2011 pour une intervention à l'ESCP Paris. Exceptionnel !

(crédit photo)

3 commentaires:

Marie-Pierre Fleury a dit…

Merci pour cet article qui remet le branding (personnal ou corporate) dans ses justes valeurs.
Je rajouterais en complément de la notion de superficialité celle de la durée ... le buzz, le onshot pouvant être également un piège du branding ou de l'hyper branding questionnés ici.

Vincent BARBEROT a dit…

Dans mon dernier article, je ne posais pas le problème de cette manière. Toutefois, là où je te rejoins c'est sur la nécessité de penser plus qualité que quantité.

Tous les retours que j'ai eu sur Klout montrent que l'outil fausse totalement l'e-reputation.

Lilian Mahoukou a dit…

Merci pour vos retours!

Excellente fin de semaine ;)